Ah. Pis j’ai aussi pris 1 petit bégonia et 1 plante grasse, à la braderie, pour P’tite Blonde du café solidaire: une “crassula ovata”, l’arbre de Jade, qu’on appelle encore ”lucky plant”. Pour lui souhaiter bonne chance dans son nouveau studio.
Samedi, 2ème coup de coeur de la semaine, de toute la famille cette fois, pour une lycéenne américaine dont nous venions d’avoir le dossier. C’est avec une excitation croissante que, groupés autour de l’ordi, nous avons découvert son profil. Proche de l’âge de l’aînée, partageant une foule de centres d’intérêt avec les uns et les autres, elle viendrait pour 5 mois.
Passé la journée à m’exciter sur une formule de calcul itératif pour un outil de gestion du stock alimentaire que souhaiterait avoir l’une des asso ainsi que sur une macro pour la base de données de recettes que je voudrais me construire. Point mort. Mais suis fortiche en excel maintenant: je connais tout sauf ce que je veux.
Dimanche, on déconnecte sur la terrasse, soleil quasi-estival. J’ai ingurgité mes livres de la biblio avec un peu de déception. Tant “la secte des égoïstes” de E.E. Schmitt que “la route” de McCarthy ou encore “Zoli” de McCann ne m’ont guère conquise, malgré une belle écriture. Sûrement parce-qu’en ce moment j’ai besoin que ça aille vite.
Aujourd’hui, 2ème séquence de découverte des ateliers de l’asso pour la rentrée prochaine, avec les niveaux 3 et 4 d’alphabétisation. Ce dernier m’a transportée d’enthousiasme, ce que je n’aurais pas cru: un public où l’on peut faire de la matière un vrai régal. Puis atelier citoyenneté: moyenne d’âge 73 ans à vue de nez, 5 participants bien tassés (!), plus de 30 ans de présence assidue à l’atelier (…), animé par 2 bénévoles au moins aussi usés que leur public, qui, à peine mes fesses posées sur une chaise, m’entreprennent avec ce constat accablant sur lequel visiblement ils bouclent depuis quelques temps: ”comment se renouveler et accrocher les jeunes ?”. Ah. Surprise de leur ardeur à se supendre au bout de mes lèvres et à me confesser le fardeau de leur quête brûlante (un doute m’a envahie… la responsable m’aurait-elle annoncée comme une auditrice experte en phénomènes de société ?), j’émets un “euuuuhhhh…” qui ne convainc personne. Alors je poursuis avec la 1ère question qui me vient à l’esprit, histoire de temporiser de façon moins visible: “… de quoi qu’vous causiez ?”. Réponse: “les élections européennes”. Deuxième Ah. Avec un thème comme celui-ci, la probabilité de rameuter des foules de jeunes élevés au jus de Le msn et accrocs à Le sms tout en têtant Le red bull me paraît statistiquement au moins aussi élevée que l’imminente apparition de la dentition chez nos amis les gallinacés. Et pis j’apprends dans la foulée et incidemment que le moteur des échanges de cet atelier est, entre autres, l’émission ” C dans l’air”. N’en jetez plus. Même un C’est pas sorcier aurait peu de chances de ranimer un soupçon d’intérêt dans leur apathie pour tout ce qui exclut les miracles technologiques sus-cités. Et hop, vlà mon matériau de discussion tout trouvé, et que j’enchaîne doctement sur quelques idées en vrac, tout à la fois galvanisée et ahurie de leur promptitude à boire chacune de mes paroles: une oasis au Sahara. Toute à mon subit avènement d’auditrice en chef, je ne leur souffle pas qu’intégrer à leur groupe une mère de famille en prise au quotidien avec ses jeunes pourrait constituer un début d’issue à leur réflexion.
Qui a dit que le bénévolat s’avérait ingrat.
Le soir, go to the 1ère mini-formation du cycle où je me suis inscrite… 3 heures soporifiques à écouter un léthargique décrypter laborieusement ses notes pour enfoncer des portes ouvertes. Dont le tiers à lister des tableaux de chiffres en long, en large et en travers et un autre à restituer, dans la lettre et sans dévier d’une virgule, le texte de quelques règles de droit ou encore le résultat trivial de quelques études sur la motivation des bénévoles. Bref, côté solutions pratico-pratiques, on a pu amplement s’asseoir dessus. Une tache, une vraie, comme je me souvenais plus d’en avoir vue depuis longtemps. J’avais prudemment embarqué avec moi un peu de lecture, que j’ai donc feuilletée pour me distraire. Pendant qu’un autre des participants s’égayait tout aussi discrètement avec son palm. Positivons: bien qu’à demi-anesthésiée, j’ai eu l’opportunité de rencontrer d’autres bénévoles, salariés ou administrateurs. A la fin, je me suis enquise candidement si c’était lui, soi-même, en chef et en toute beauté qui-que-quoi-ornicar ferait la prochaine formation à nous-même, ma pomme, la mienne (ben, quoi, c’est pas facile à poser, comme question) ? Réponse plus claire que la question: non.
Tant mieux: ça m’aurait embêtée de pas y aller.
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