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Un WE de Pâques à buller dans la belle-famille. Lever 10.30 lundi matin, c’est coolos.

Pas de bouchon sur le tout autoroute qui m’a emmenée au café-solidaire hier matin. Arrivée tranquillou pour 4 kgs de tomates fraîches à mijoter en purée et décorticage de crevettes accompagné d’une préparation basique de sauce à la noix de coco-curry et de papotages en queue de poisson.

Sauf que: “faudrait voir à diminuer les quantités” me marmotte le Responsable du café-solidaire. En gros, faut ky repartent en ayant encore un peu faim. Et pis ya toujours des restes, “vu ky sont pas habitués à manger des légumes” (sic): exemple, le reste de pommes de mardi dernier est passé à la poubelle, personne n’ayant eu l’idée de le recycler en une délicieuse compote. Ah, ben, ça; c’est pourtant pas faute de leur avoir rabâché la consigne mardi dernier. Mais le café est un lieu digne de la 5ème dimension. Où les paroles circulent, s’envolent d’une oreille à l’autre, pour s’effacer mollement sans laisser d’empreinte. Ne reste que la spirale d’idées noires qui les broie posément à longueur de temps dans les ténèbres d’une alcôve encéphalique qu’aucun mot n’atteint.

“Et pis, faudrait faire circuler le plat de table en table plutôt que de faire lever chacun pour se servir: ça fait plus famille et ça oblige chacun au respect de l’autre qui s’est pas encore servi”. Mouais. L’est allé pêché où sa psychologie ?

Ratus, le rat minus, s’y est mis aussi: un diplômé célibataire de 29 ans (issu d’une science-po quelconque, tout rikiki, un faciès à faire pâlir d’envie le totem animal dont je l’ai secrètement affublé) qui vient cuisiner le vendredi pour le café. Qui se prend pas pour la queue d’une cerise. Même s’il veut pas avouer que c’est cause qu’il est en mal d’embauche qu’il envisage de se recycler dans la cuisine. Qui s’est mis en tête de m’expliquer comment cuisiner.

A moi: 42 bientôt 43 ans et à la tête d’une équipe d’aliens.

Et qui veut à tout prix que les 3 cuisiniers (dont nous sommes, à venir chacun 1 journée au café) s’organise à tour de rôle pour faire les menus et les courses pour la semaine complète. Ben voyons.

Répondu Yes pour le poste. Maintenant, j’attends la réponse. Prévu pour la fin de semaine.

Mais je m’aménage quelques replis stratégiques, au cas où ça collerait pas: collaboratrice en droit pour la Croix-Rouge, voilà ce que j’ai déniché cette semaine.

Alien n°2, passe exotiquement et régulièrement du cri de haine (panoplie = mèche en équilibre sur le front - bouh, que c’est laid…. - et avalant la moitié des syllables quand elle parle  - à vitesse TGV: phénomène très tendance chez certains ados d’aujourd’hui, idéal pour prendre ses interlocuteurs pour des cons -) au cri d’amour (panoplie = regard langoureux et mains qui font les sangsues avec les miennes). Sans que ça la trouble le moins du monde. La mue est en cours et, désormais consciente de l’enjeu, j’y assiste fascinée. Une chance que j’ai pas eue avec la n°1: chez n°2, la mutation psychique s’accompagne de bouleversements physiques. J’ai donc qu’à la regarder pour savoir à quelle sauce je vais être mangée d’ici la fin de la journée.

Alien n°1 a parachevé sa métamorphose: son blog, qu’elle avait laissé ouvert sur l’ordi il y a quelques jours (ben quoi ? avant de lire, je peux pas deviner que c’est secret ?!), m’a définitivement convaincue. Irrécupérable. Jusqu’à ce qu’elle devienne mère à son tour, je pense. Là, je l’attends au tournant.

En attendant, tenir bon le cap. Coûte que coûte.

Ben, en attendant…, ça promet d’être chaud !


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avril 15th, 2009 at 10:50