Bon, tout ça pour apprendre ce matin lors d’une réunion sur “l’interférence de la langue maternelle dans l’apprentissage du français” que certains phonèmes sont bien de chez nous et n’ont pas d’équivalence chez eux (y compris la majorité des voyelles), que la notion d’auxiliaire être n’existe pas au présent, que les voyelles courtes sont prononcées mais pas écrites a contrario des voyelles longues, que toutes les lettres (sauf rare exception) se prononcent (pas comme “ils habitent”, par exemple) , qu’il existe une sorte de déclinaison selon la place du mot dans la phrase sans parler des genres qui ne sont pas forcément les mêmes ou encore de la notion de famille de mots, et donc de racine, qui n’existe pas chez eux.
Bon, euh, chuis pas sûre d’avoir tout compris… à part pourquoi c’est le “pouli” quand elles voient une poule dessinée et “la” soleil dans le ciel.
A part aussi que je suis bien contente que nous ne soyons pas mutés dans un des pays du maghreb.
Et puis aussi, et je crois que c’était finalement là l’essentiel, une énorme considération pour la ténacité dont font preuve ces femmes entre 30 et 50 ans qui, en plus, peut-être, sûrement, n’ont même jamais été scolarisées dans leur pays d’origine.
Pour passer à aute chose, pendant que je fais mumuse sur mon blog, j’entends de vagues échos et éclats de voix émaner de la cuisine (eh oui, pour rappel, samedi et dimanche soir c’est aux aliens, à tour de rôle, de cuisiner avec leur père).
Bon, déjà, inutile de dire ky a pas de surprise au menu: pâtes et glaces.
Euh, si, pardon: c’est pas toujours la même forme de pâtes.
Pour la sauce, alors là c’est du trigonométrique avec cosinus et sinus précalculés, tangente dans la foulée: CARBONARA (les aliens n’aiment rien d’autre). Chez nous, on la fait avec de la ricotta et des allumettes de lardons. Donc, quand ya pas de ricotta ni allumettes (comme aujourd’hui), y faut des boules quiès pour prendre de la distance avec la zizanie sonore qui émane de l’équipage de survie alimentaire. Cause que faut adapter avec de la crème fraîche et du bacon, et ça, ça modifie salement la logistique. Et les coups de gueule fusent. Surtout que, z’an rendez pas compte, mais faut suivre en parallèle l’ébullition des pâtes et celle de la crème, sans compter les tranches de bacon qu’il faut guetter à travers la fenêtre du micro-ondes. Et pis faut mettre la table. Et pis, faut rappeler tout le monde à l’ordre car chacun, normalement, s’est vu attribuer une tâche spécifique, généralement non mise en application (sauf attente d’argent de poche ou un bon film qui va passer le soir, etc…). Et pis, faut regarder le match de foot qui passe à la même heure (… mais chuuuuuuuuuuuuut, je n’ai rien dit ….).
Ouf . 3 fois ouf. Rien que de penser que je pourrais devoir cuisiner dans les mêmes conditions, j’en ai des sueurs froides.
Faut avouer que, parfois, c’est cool d’être une femme. Question de synchronisation dans la transmission des flux entre les 2 hémisphères, sûrement.
Mais bon, ça leur donne l’impression de cuisiner, c’est le but recherché.
|
Devenez fan de ce Blog :