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Aujourd’hui, c’est mon rendez-vous hebdo avec mon assoc préférée. Celle où que je sens les oignons frits après.

Mais Lulu la débrouille a tout prévu:

- baskets moelleuses et usagées tout à la fois,

- pull jetable si nécessaire,

- 2 sacs remplis à craquer: les achats de bouffe, mon classeur que je suis fermement résolue à évoquer cette fois-ci, ma balance électronique portable (et même 2 piles dans la poche au cas qu’elle me lâcherait en cours de route), de l’indispensable pour compléter au cas où (sucre en poudre, litron de lait). Au moment de partir, je me suis même laissée tenter par 3 oeufs que j’ai embarqués dans mon packadge: et du coup, je m’suis épargnée une grosse suée en arrivant sur les lieux, parce-que les oeufs, justement, yavait pas, et un flan sans oeufs, ça l’fait pas.

- lecteur CD portable de ma fille (Jacques Brel et classicisme viennois au programme, je croise les doigts)

- plus, un peu de luxe, une liste fourmillante d’idées à développer ensemble: atelier d’écriture, atelier dessin, atelier bibliothèque, atelier K7 avec discussion ouverte qui s’ensuivrait, sortie nature, réseau d’échanges de compétences (crochet contre sténo: bon, d’accord, ni l’un ni l’autre ne sont d’actualité, mais ça on n’est pas obligé de le dire), et jeux de société genre scrabble (monopoly, m’a-t-on suggéré du tac au tac: j’ai fait l’emballée, mais va falloir que je réfléchisse à comment détourner l’idée parce-que, euh, bon).

On y croit, on y croit.

Je débarque avec, qui plus est, des vêtements triés de chez moi pour alimenter le vestiaire (vente des dons de vêtements dont le fruit permet d’autofinancer le café-solidaire) et distribue joyeusement des bises à droite à gauche.

En priant pour que la gastro et la grippe, qui sévissent en ce moment, aient épargné tout ce beau monde.

On discute autour d’un café, je déballe mon barda, lance le gateau et les lentilles, entre 2 interpellations des uns et des autres dont j’ai du mal à recoller bout à bout les parcours hachés.

Au moment d’enfourner mon gateau, Râleuse zieute et me demande, suspicieuse: c’est une ile flottante ?

Euh… ouais, bon, les oeufs en neige ont pas aggloméré comme d’hab, mais tu vas voir, c’est du bon.

45 min de cuisson, top chrono, c’est parti: au bout d’1/4 d’heure par acquis de conscience j’entr’ouvre délicatement la porte pour voir si tout suit bien son cours…. et je beugle: au feuuuuuuu ! J’ai confondu le pictogramme “chaleur tournante” avec celui “Grill”. Ben, le gâteau, l’était super bon en fin de compte. Mam’zelle Tatin 002.

Pour les lentilles, je demande à Râleuse de surveiller les 10 dernières minutes de cuisson pendant que je vais, dans le bureau du Type, récupérer les statuts et diverses autres doc pour mieux connaître l’assoc. Quand je ré-apparais, 10 minutes plus tard, c’est inconsciente du danger que je soulève le couvercle et réprime de justesse un hurlement: les lentilles se noient dans les 3 litres d’eau qu’elle a cru bon de rajouter subrepticement avec quelques pommes de terres, crues et qui vont le rester un bon moment, pile quand les lentilles atteignaient leur point de cuisson idéal…. Médusée (m….., mes consignes étaient pourtant claires, non ???), je lui demande pourquoi elle a fait ça et la réplique fuse: ben, les pommes de terre dans les lentilles, en Andalousie, c’est comme ça qu’on fait.

Sans appel.

Je vois bien que le niveau d’estime dans son regard vient de baisser d’un cran.

Puis, vient le moment de manger.

Et Innocent de récupérer les pâtes froides de la veille avec 3 louches de mayo, après avoir décrété tout de go: “non, je veux pas goûter tes lentilles”. Pour finalement jeter les 3/4 de son assiettée à la poubelle.

Quant à la Grande Déprimée (une nouvelle que je connaissais pas, c’est une fleur de peau), à qui je propose de la servir: “non, c’est moi qui m’sers, j’veux pas d’gras !” qu’elle me fait vertement. Je lui réponds qu’avec moi le gras ça risque pas et lui en met une louche dans son assiette … qu’elle me retire nerveusement:”ça va ! ça va ! ya trop !”.

Ce qui l’empêchera pas d’aller se re-servir discretos ultérieurement.

Après le repas, réunion pour savoir comment on va désormais structurer la journée du mardi.

Je commence à l’ouvrir et, là, paf, un paquet de feuilles voltige violemment dans ma direction, que j’évite de justesse. C’est Grande Déprimée en pleine crise: ”tais-toi, d’abord, tu m’fais chiiiiier d’puis d’ta l’heure, toooiii !”.

Aussitôt, pif paf, je m’éjecte: je plane vaporeusement au-dessus de l’assemblée, en déconnexion totale du corpus. Et je m’observe froidement de l’extérieur. Pas beau à voir. Décomposée. Avec un beau dégradé de couleurs du front au menton.

J’attends que le calme revienne, que les excuses soient faites (que j’accepte impassible: no problemo, on me fait ça tous les jours), pour, prudemment, ré-intégrer mon corps et permettre la poursuite dans l’urgence de ma vie somatique: déglutir, inspirer un bon coup et reprendre la direction de mes terminaisons nerveuses.

On peut continuer.

Par la suggestion d’un Atelier maquillage. Proposé par Ptite Mère. Heu… tu m’as bien regardée là ? j’ai l’air coiffée et maquillée ? Ben, non, mais moi je sais faire, qu’elle me répond. Je la détaille à mon tour et je préfère me taire. Un paquet de feuilles dans la tête ça suffit pour aujourd’hui. Je réapprends la diplomatie.

J’abrège la réunion qui s’enferre sérieux (on a quand même réussi à se mettre d’accord pour mardi prochain: Jeux de société), je remballe mes ptites affaires et go to the next business:

alphabétisation d’un groupe de femmes maghrébines.

Ce sera mon 3ème autre dada.

A vrai dire, je suis censée assister, à titre d’initiation, au cours de la salariée. Aujourd’hui, visiblement, le corps humain est à l’ordre du jour: après La Main de la séance dernière (qu’on révise en choeur: “la poooouuuuce” commence ma voisine en désignant son auriculaire), on aborde le visage (de Toto, si j’en crois l’esquisse hasardeuse au tableau).

Au bout de 3/4 d’heure, on finit laborieusement la bouche (comme Bush, blague la formatrice, toute contente de récolter une vague de rires dans l’assemblée), les cheveux (comme cheval mais avec ”euuuuuuuuu” à la fin) et on s’attaque aux oreilles (et non pas les oreuuuuuiiiilles).

Entre temps de nouvelles arrivantes ont pris place: une avec son bébé scotché au sein, Fatima qui baragouine à Zora ses dernières aventures avec Ahmed, une 3ème qui doit jouer dans “Fantômette apprend le français” car d’elle, je ne vois qu’une paire d’yeux. Etc. Un vrai moulin. 

Je me lève, fais signe à la formatrice que j’abrège pour l’entendre me soupirer, déçue: “oh ! vous partez déjà….”.

Euh… oui…. c’est-à-dire que je me fais une petite idée des 3/4 d’heure restants.

Je rejoins la formatrice en chef pour un débriefing et nous mettre d’accord sur le créneau horaire de la séance que je vais prendre en charge et je me vois refiler … un classeur !

J’ai un truc écrit sur le front ou quoi ?


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janvier 28th, 2009 at 8:32