Just another Blogvie.com weblog

Division des aliens: N°1 et N°2 contre N°4.

Faut dire que cette dernière en met couche sur couche : ce n’est plus un ver dans la pomme mais Le boa dans un bocal plein de gentilles souris blanches:

- laisse dégueu le lavabo plein de dentifrice et de cheveux, trempe le sol en bois de la salle de bain après sa douche et n’omet pas de laisser en place le tapis de bain pisseux après son passage

- déteint tous les gants avec son produit « spécial Acné »

 - replie aussitôt soigneusement sa serviette trempée, après séchage, d’où une douce odeur de moisi

- est tout le temps fatiguée, spécialement au moment de travailler le soir après le collège ou participer à des activités familiales

- fait preuve d’un respect limite envers les autres aliens, allant jusqu’à les traiter de « t’es moche », « t’es nulle » et autres gracieusetés du même niveau

- occupe à plein temps l’ordi pour du msn ou se commander des manteaux à 250 € (enfin… hésite aussi avec des ballerines à 210 € : dur dur…)

- adore les poires, les figues, les bananes séchées, la purée de potimarron, bref,… que les autres finissent à sa place puisqu’entre temps elle a décidé de ne plus aimer

- ne pense qu’à s’adonner au shopping « attrape-gogo » lors d’un WE à Amsterdam où elle a peiné tout le long de la visite du Van Gogh Museum (elle adore la peinture mais est incapable de citer le nom d’un quelconque peintre) ainsi que lors de la visite du centre historique (où seule la grande roue de la place Dam a daigné l’intéresser) et a traîné lourdement le lendemain  sa carcasse harassée lors de notre balade pédestre le long des canaux (ce qui ne l’empêche pas de se lamenter journalièrement de ses 5 kg supplémentaires, cause sûrement que c’est ma faute)

- n’a pas été gênée le moins du monde à nous traîner de droite et de gauche durant une heure  ½ pour absolument trouver un restau hollandais (les autres aliens, plutôt portées sur l’italian food, tentant en vain de la convaincre tout le long que la nourriture hollandaise n’était pas spécifiquement plus diététique ) pour finalement nous retrouver dans un vague bistrot à déguster des hamburgers, nuggets et salade niçoise  pendant qu’elle hésitait entre une salade grecque … et des pâtes !!! 

Autant dire que la baston entre Alien n°1 et n°4 n’a été évitée que de peu, un long échange de regard entre N° 1  et moi ayant sûrement contribué à l’en dissuader. Quoique, très franchement, la vision d’une castagne m’aurait fait le plus grand bien.

(…)

Tout ça pour apprendre, fort posément annoncé et presque joyeusement, qu’elle préférait changer de famille…

Grosse bête que je suis, j’en ai pas bien compris les raisons.

Apparemment, il semblerait que :

- ce soit parce-que je ne faisais pas mon  marché avec relation intime avec chaque commerçant

- elle s’ennuyait au retour du collège (je lui ai bien suggéré que travailler un peu l’occuperait peut-être… mais bon, l’écho s’est mis en mode off). 

Une  vision très américaine de la culture française.

Et l’aveu d’un échec en ce qui me concerne.

juin 6th, 2017 at 10:55  |  Réagir | Permalink

Ca y est.

Le ver a pénétré au cœur du fruit et s’y est cocooné un petit nid tout douillet : en gros, Alien n° 4 a pris ses marques.

Collabo pleine et entière avec les 3 autres, coalition sans concession : la Ligue des 4, version moderne du Club des 5.

Je rêve quand elle me sort que je vais pas pouvoir l’aider en français, sciences physiques et histoire-géo… vu que j’ai pas étudié comme elle en Afrique du Sud  ( ???).

Elle laisse sans complexes ses empreintes de pas sales sur les éditions de leçons basiques que je me m’use à lui préparer pour qu’ils traînent des jours durant sur les marches des escaliers (verbes du 1er et 2è groupe, imparfait, présent, futur , modalités d’utilisation du « du », « de », « de la »,…), finit par me présenter péniblement et de façon clairement exaspérée, au bout de 115 réclamations consécutives, la moitié des exos que j’ai fini par lui imposer (vu qu’elle bosse pas en rentrant le soir) pour ouvertement se désintéresser des explications que je lui fournis lors de la correction.

Pour le reste, ne prend sa douche que le matin et n’aère jamais sa chambre.

Ai malencontreusement voulu lui faire découvrir Le Petit prince.

Aïe. Bon.Le chapitre 1 s’est avéré la seule et unique tentative.

Elle voulait que je lui apprenne à cuisiner. : sitôt les concombres coupés, elle a pas demandé son reste et a disparu jusqu’au moment où, la faim la tenaillant, elle est venue se poser sur sa chaise, alors que la préparation du repas n’était pas achevée et que nul appel du style « A table ! » n’était intervenu. Et alors là, impossible à déloger.

Ricaine jusqu’au bout des ongles :

- ne mange pas à la cantine parce-que c’est pas bon (qui a jamais prétendu qu’une cantine scolaire se devait de satisfaire les goûts des élèves ?). Veux pas la jouer radin de chez radin, mais quand même : ça coûte.

- quand elle a faim, elle ouvre à toute heure (et plus spécialement dans la ½ heure qui précède l’heure du repas) la porte de cette invention prodigieuse qui porte le nom de Réfrigérateur pour se constituer un quatre-heures gargantuesque. Alors forcément, les légumes, laitages et fruits du repas qui suivent présentent un intérêt nettement moindre.

- se bourre de sucreries, de nuté et de fruits secs, prend 5 kgs en 15 jours puis gémit pour que je lui achète ses céréales All Bran et son lait écrémé (visiblement effet magique garanti)  tout en faisant 3 tours de stade et 2 minutes de rameur pour la bonne conscience.

En tout cas quoi que je dise, quoi que j’explique, je suis visiblement Celle-qui-comprend-rien-à-rien : « never mind » est devenu l’une de ses grandes réponses classiques dès que j’insiste pour comprendre quelque chose que je capte pas illico-presto.

octobre 18th, 2009 at 4:43  |  Réagir | Permalink

L’alien extra-français est parmi nous.

Mais alien quand même.

La barrière de langage empêche certes le développement étudié du discours existentiel et résistantiel des miennes, mais la résistance passive semble être un truc sans frontière.

Doit exister un genre de no man’s land, dans un ailleurs imperméable au rationnel, où se rassemblent tous les ados de la planète. Un genre de pays d’Alice, dosé d’une pointe d’Oz, où des lapins passent leur temps à courir après un temps dont ils s’apercevront un jour ne jamais pouvoir rattraper, où les reines de cœur n’ont pas le cœur à chercher celui qui leur manque et qu’un certain magicien ne sachant l‘être a pourtant su rendre à un robot de métal en quête de métaphysique.

Plouf.

Maintenant, le WE en baie de Somme.

Parc de Marquenterre et St Valéry/Somme. Pas de quoi en péter une pendule. Ya que le mobil’home et le camping qui étaient top.

Pour le reste :

- 2 ados ignares , heureuses de l’être et d’une exceptionnelle mauvaise foi, sans aucun effort de communication avec l’extra-alien (except the words leur étant directement adressés et attendant réponse imminente)

- une extra-alien qui n’aime pas les oiseaux (dans une réserve ornithologique, ça fait tâche) et qui de + avait déjà vu des milliers de balbuzards en Afrique du Sud où elle a vécu 8 ans avec un père zoologiste (nous disait-elle au moment même où notre guide tombait en pamoison extatique et paralytique devant le seul qu’il lui avait été donné dans sa vie d’entr’apercevoir d’aussi-près - soit environ à 2 km de notre poste d’observation - et mettait illico en alerte rouge par radio « Ici Tango Charlie » toute l’équipe du parc devant l’extraordinaire phénomène…).

- et sans oublier les grands classiques: “c’est nul”, “y fait chaud”, “quand est-ce qu’on s’en va”, “j’ai soif”, “j’ai envie de faire pipi”, “maman, j’ai vu la tunique de mes rêves dans la boutique, juste là, viens voir”,… et j’en passe.

Bref, je me suis placidement et avec une régularité sans faille shootée aux tranquillisants pendant 2 jours.

Jusqu’à 1 h du départ où j’avais le choix entre péter un plomb et tout casser ou prendre Alien n°1 entre 4 yeux et lui faire glacialement remarquer qu’elle avait le choix entre opter immédiatement pour un comportement normal ou prendre une raclée à lui décrocher la mâchoire et dont elle se souviendrait toute sa vie.

Du bluff, évidemment. D’abord, je saurais pas comment m’y prendre.

Et ensuite : de là à ce qu’elle me retourne la même …

Mais, bon, ça a fonctionné.

Until the next time.

Lundi, un peu de compta-secrétariat-classement-organisation avec la présidente de l’asso : un accord entre nous, vu que je préférais pas en ce moment être en contact direct avec une population en difficulté.

Fastoche les mains dans les Poches, Relax Max et Bobonne tu tiens la Bonne : en gros, je m’inquiétais pas trop. Du tout cuit.

Ben, c’est avec une hébétude sans nom que j’ai parcouru ses tas de pochettes cartonnées enfilées les 1 dans les autres (« un parapheur ? kesako ? »), cherchant la subtile nuance entre ce qui relevait du débit et du crédit, et prenant connaissance de son logiciel de compta (consolidé à l’échelon régional puis national), une espèce d’excel à 20000 feuilles où qu’on saisit 10 fois le même truc. Conçu par des permaments de l’asso. Le top de l’optimisation d’une asso d’envergure internationale. 

Mardi, café solidaire : où qu’on m’a fêté pour la 20ème fois mon anniv’ (roses, gâteau et photos de circonstance à l’appui). Sympa tout plein. Sauf que l’une d’entre eux venait de se faire agresser à la sortie d’un guichet de retrait (s’est fait tout piquer, 7 points de suture). Elle venait de perdre, la semaine précédente, sa soeur, tabassée une fois de plus, une fois de trop, par un mari bourré, un coma dont les médecins n’ont pas su l’en sortir. Bloum. Qu’est-ce tu dis, qu’est-ce tu fais, dans ces cas-là ?

A part prendre l’air con.

Mercredi, rdvz avec le psy .«Comment ça va-t-y ? » (usuelle entrée en matière). « Ni pire, ni mieux » (tout aussi usuelle réponse). « Avec ou sans le produit ? » poursuit-il. « Avec », avouè-je: « mais je gère, je modère, je dose ».

Se met en colère : « Vous gérez rien du tout. C’est 1 fuite en avant. Jusqu’à la prochaine crise. Et là, ce sera encore pire, et cure obligatoire, pas moyen d’y couper, sinon vous n’en sortirez pas » (si je résume, en gros il voudra plus me suivre si je ne me résous pas à une amélioration côté consommation).

Il a raison.

1000 fois.

Le pire c’est que, tout en le sachant, l’écoutant, l’approuvant, rationalité oblige, je ne pensais qu’au prochain verre qui m’attendait déjà.

Car cette fuite en avant est le moyen, mon moyen, de m’aider à supporter mes enfants, mon mari, ma vie et puis surtout moi, moi tout court.

Et ça c’est déjà dur à accepter.

Alors quant à adopter les moyens de.   

septembre 24th, 2009 at 1:07  |  Réagir | Permalink

Les 2 aliens sont revenues furax de leur 1er jour de classe : aucune de leurs copines dans leur nouvelle classe ! Je suis assez fière de l’étonnement compatissant dont j’ai su faire preuve à cette annonce croustillante (sachant qu’en Juin dernier j’ai précisément et en cachette rencontré leurs profs de niveau respectifs pour faire la demande expresse qu’elles soient séparées de leurs amies… ). Ah. De la maltraitance maternelle, sans nul doute. Si j’osais, je m’autoriserais à penser que j’essaie de viser le cap, loin là-bas à l’horizon, celui qui touche au bout du monde, le leur.

septembre 3rd, 2009 at 7:14  |  Réagir | Permalink

Un été lectures relax. Dont le Nicole de Buron « Qui c’est ce garçon ? » Eh bé …  Ainsi, les aliens se clonent entre eux… Merveilleux ! Ah. Et pis j’ai appris ky’a l’Homme, aussi. Le double génétique de Celui qui m’a expliqué scrupuleusement durant ses 2 courses annuelles (eh oui, vacances familiales obligent) et avec condescendance comment organiser ergonomiquement mon caddie. Ahurissant. Pour pas péter un plomb, mon esprit s’est autorisé quelques instants de vagabondage dans un Ailleurs Land. 

L’Homme, Fille aînée, Petite chérie (et l’Embryon prêt à éclore) : le Minotaure a 4 têtes. Et je parcours sans trêve le labyrinthe d’incompréhension qui m’habite. Me reste à espérer qu’Ariane dévidera un jour sa pelote. Et que notre future accueillie américaine ne se posera pas en 5ème tête. 

Une inquiétude, de la vigilance, une quête. 

« On ne change pas les êtres.
On peut simplement parfois les aider à devenir ce qu’ils sont. »
(Françoise DORIN)

« Je souhaite être tout ce que je suis capable de devenir. »
(Katherine Mansfield)

septembre 3rd, 2009 at 6:56  |  Réagir | Permalink

Bourrée, oui : de reproches.

Charge franche et massive des aliens auto-homologuées maîtresses-censeurs, débutée dans l’après-midi d’hier:

« T’es une conne »

Ah, on est dans le neuf.

Là, c’était juste la phase apéritive. Les 2 artificières ont rechargé leurs batteries dans la soirée:

- « T’es pas ma mère » (raté, celle-là, je la connaissais déjà)

- « Je veux pas te ressembler » (ouh la la… mais c’est que moi non plus !)

- « Qu’est-ce que tu connais de la vie, toi ? » (euh… des broutilles ?)

Et enfin le bouquet final : « Qu’est-ce que tu fais pour nous à part boire et fumer ? »

Blanc.

Comment elles se débrouillent pour toujours flécher juste, à un moment ou à un autre ?

Parce-que c’est ben vrai, ça, après tout : qu’est-ce que j’ai fait, moi, pour elles, ces toutes petites 14 dernières années ?

A part les aimer ?

Envers et contre elles.

Rien. Que d’chi. Du vent. Du beurre 0% matière grasse. 

août 8th, 2009 at 11:09  |  1 Commentaire | Permalink

12 jours de boisson.

Sur l’air du ras-le-bol. D’une rengaine mille fois fredonnée.

Sur le son fracassant d’une porte mille fois refermée.

Espoir déclassé. Le temps qui passe nous vieillit tous et étrécit nos univers respectifs.

Jusqu’au jour où l’emprise des non-dits, de nos fuites en avant, laissera s’échapper un peu tardivement le refrain du « Ah, si j’avais su… » ou du « J’aurais dû… ».

Ce mur de malaise que le quotidien dresse pierre après pierre entre nous.

On reprend la même et on recommence :

J + 7

Oui, mais… toi, tu es qui ? pour m’emprisonner dans ton jugement. Disait l’autre.

août 8th, 2009 at 10:55  |  Réagir | Permalink

Une femme. N’importe qui. Qui se regarde basculer. De son intérieur qui la grignote sans bruit. Le méchant crissement des tiroirs qu’on entr’ouvre en grinçant, suivi du claquement sec qui claquemure toutes les issues.

Une semaine ky sont venus. A papoter d’eux. A faire vibrer la corde du « moi je »,  à chantonner le refrain mordant du « Ah oui, je connais », à violonner le “c’est comme un tel” ou “tu devrais” et puis surtout, surtout, esquiver toute écoute de l’autre. Après avoir proclamé haut et fort leur aptitude en la matière.

Le pire : « Si tu es fatiguée, on peut partir plus tôt ? »

La phrase qui achève.

Etait-ce si compliqué de dire “Ca n’a pas l’air d’aller, tu sais, on est là, à côté de toi… veux-tu qu’on en parle ?”  Ben, faut croire que oui.

Des mots qui condamnent à l’errance. Veni, vidi, reparti. Alors me restait plus qu’à remplacer le “compter pour autrui” par le “compter point après point les débours de leur indifférence”.

« Un point de chute coupé du monde et régi par la mécanique du vide »

5 verres.

Non.

6.

juillet 19th, 2009 at 12:17  |  Réagir | Permalink

Hier soir, 2 gorgées.

Provocation, stigmatise le psy, ce matin. Défi, je traduis. Ou auto-représailles. L’entre-deux-eaux du prendre-du-temps-pour-soi et du familialement correct. Difficile appentissage.

Groupe de parole. J’entends que “ça se voit physiquement que je vais mieux”, que je ne suis “plus recroquevillée comme aux 1ers temps”, que je m’exprime “librement”. Je ne réagis pas. Pas tout de suite. Mais Ca doit tourner là-haut dans les combles, car 1 heure plus tard Ca délivre un message Urgent à la case Eurêka-La-Luciole de mon conscient: ben c’est bien sûr.

Jamais aimé prendre la parole, ou participé à ces réunions où je savais devoir être sollicitée, quant à les animer… le souvenir de mes crampes intestinales du petit matin et les triples noeuds au ventre suffisent à en témoigner. Un temps où le Je-dois absorbait toute vélléité du J’ai-envie. Une époque où s’étendait un épais brouillard dans cette zone qui délimite le contenu d’une tâche de son contenant.

Etourdissement. Je n’aime donc pas les responsabilités. Ca alors.

De la nécessité de gérer, planifier, organiser, faire à la place de, qui me permettait d’exister dans un cadre rassurant, j’en avais fait une telle appropriation que ça avait fini par me bouffer l’air sous le nez. Ca se tient.

Un mur d’aveuglement que la période qui s’est ensuivie, sans contraintes autres que celles que je pouvais me fixer, a fait écrouler. Tranquillement mais sûrement.

Asphyxie. Réanimation. Convalescence.

juin 25th, 2009 at 12:51  |  Réagir | Permalink

Ramassé à la fraîche un gros bouquet de menthe pour Tout’Douce. Qui s’est empressée illico de tout utiliser pour faire du thé à la petite troupe du café-solidaire.

Quant à ma sotte idée de lui ramener de l’huile d’olive, ce facteur clé de sa culture culinaire… ben, justement, bécasse: si clé qu’elle en a. Et donc de me la troquer contre de la “vraie du pays”. Et pas moyen d’y couper cette fois. Honteusement, j’avoue que je regrette pas: tartinée sur ses galettes de semoule de blé cuit à la poële le soir venu, ça formait une équation à damner un saint. Ou à béatifier un alien, comme on veut. N°2 s’en est léchée les babines huileuses (contre son gré).

Elle a continué de détricoter le fil de son histoire. Une constante ressort invariablement du parcours de ses 20 années françaises: très clairement, elle n’est pas de ce bois qu’on abat d’un coup de massue.

Nous croisons son mari qui quitte l’immeuble. Pour aller à la bibliothèque. Samedi quand je l’ai croisé il en revenait. Il me reconnaît, il entend mieux cette fois,  il a son appareil. Aimablement, comme on fait sa B-A, je m’enquiers de ce qu’il aime lire. Ah ben, je rabats vite mon caquet: essais historiques. Incollable sur Henri 4. Et moi qui avais prévu chaussures de randonnée et pique-nique-party à 4 pour dimanche ensemble: je soupçonne vaguement que son truc c’est plutôt la gymnastique intellectuelle. Ouf, essuyai-je une perle de sueur mentale, ‘reus’ment que cette rando (guidée) a pour thème le biomimétisme, je pourrai (peut-être) remonter la pente raide de l’abysse d’ignorance dans lequel je viens de m’enterrer.

Ratus n’a encore pas loupé l’occasion de se rendre indispensable. C’est-à-dire qu’il a brassé beaucoup d’air avec ses petits bras fluets pendant que les autres trimaient. Mais pourquoi donc ya que moi qui voit le malfaisant en lui ?? Car c’est quand même grâce à lui (à savoir qu’il a tenu le cordon téléphonique pendant que le Responsable téléphonait) que l’un des problèmes de Tout’Douce vient d’être résorbé.  J’assiste, impuissante, aux effusions qui s’ensuivent et dont je ne suis pas destinataire. Un peu jalouse. Ouais. Carrément même. J’avais prévu de m’en charger pile ce matin-là mais, coincée entre mes casseroles, je me suis fait distancée. L’air connu du C’est-vraiment-trop-inzuste venu faire retentir sa rengaine entre mes oreilles. 

Râleuse me lance des piques continuellement: “Quand je vois ce que tu prépares à manger, j’ai plus faim…”, “T’es assistante sociale ou quoi ?”, “Qu’est-ce que tu veux m’accompagner  (au rendez-vous avec sa curatrice) ? je t’ai rien demandé, moi !”

Ca, c’était hier.

Un aujourd’hui débuté tôt. La vrille entêtante d’un gazouillis solitaire dans le matin clair, le bruissement d’une envolée d’ailes miroitantes, le chuchotis d’une branche en écho à la berceuse de la brise baguenaudante… “C’est beau un jardin qui ne pense pas encore aux hommes”.

juin 24th, 2009 at 11:52  |  Réagir | Permalink

Créer un Blog | Nouveaux blogs | Top Tags | 87 articles | blog Gratuit | Abus?